Parti politique à Yverdon-les-Bains

Une grande alliance écologiste se lance à l’assaut d’Yverdon

Disparue depuis 2016 de l’arène communale, la gauche de la gauche Solidarité & Écologie rejoint une alliance composée des Jeunes Verts et des Verts. Ils revendiquent une transition écologique en opposition à la politique de la majorité en place.

Carmen Tanner, Onurhan Küçük, Judith Notter, Younes Seghrouchni, Ella-Mona Chevalley et Benoist Guillard, au quartier de la Villette. L’alliance des Verts, des Jeunes Verts et de la gauche de la gauche milite pour un tournant durable de la deuxième ville du canton.

E.L.B.

C’est un camp écologiste élargi qui veut surfer sur la vague verte et sur l’engouement pour le climat. Verts, Jeunes Verts et Solidarité & Écologie (S+E) ont présenté mercredi une liste commune pour les élections communales de début 2021. Ils visent, avec leurs alliés socialistes, une reprise de la majorité politique yverdonnoise. Et dans leur besace un argument chiffré de poids. En octobre dernier, les écologistes étaient virtuellement le premier parti d’Yverdon, avec 23% des suffrages, dont 5,4% pour la section jeune dont certains observateurs attendaient même une liste indépendante. Finalement pas.

Devenue une des icônes de cet essor jeune et féminin, Ella-Mona Chevalley, étudiante en sciences de l’environnement à l’ETH de Zurich, est optimiste. À l’entendre, les choix des votants il y a un an peuvent encore se répéter, y compris à l’échelon local. «Cette année a été marquée par le mouvement pour le climat, pour l’égalité des LGBT et la lutte contre le racisme. Nous sommes présents dans la rue, et il est légitime de vouloir être aux échelons où se situent les leviers de décisions. On doit concrétiser ces revendications.»

Le retour politique de la gauche radicale

Plus surprenant, la présence, longuement négociée, de S+E sur la même liste. Parti historique de la gauche de la gauche yverdonnoise, affaibli par l’émancipation des Verts en 2006, il devait à la fois préparer son retour en politique après sa défaite en 2016, par refus d’une alliance, et la création d’une toute récente et ambitieuse section popiste. «Il faut à tout prix éviter de répéter le scénario d’il y a cinq ans, souligne Onurhan Küçük. La deuxième ville du canton a besoin d’une gauche alternative.»

On devine toutefois quelques couleuvres à avaler. La gauche radicale avait été la seule à œuvrer ouvertement lors de la tentative manquée de référendum contre le parking de la place d’Armes. Les Verts, opposés au projet au Conseil, avaient quant à eux opté pour un soutien plutôt symbolique aux récoltants.

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La liste «Vert·e·s et solidaires» choisira officiellement ses candidats à l’Exécutif en novembre. Si les noms de Benoist Guillard, de Pro Vélo et de la municipale Carmen Tanner circulent beaucoup, la formation ne devrait vraisemblablement pas revendiquer trois sièges, à l’image de Lausanne. «Nous avons un objectif commun de reprendre la majorité, le but n’est pas de prendre des voix à nos alliés», souligne Younes Seghrouchni.

Verdir les quartiers

Sur le fond, la campagne (lancée dans la salle de paroisse de la Villette) promet, malgré le contexte, une forte présence sur le terrain et dans les quartiers populaires où la transition écologique, selon les élus, reste à faire. Les partis demandent la piétonnisation de la rue de la Plaine, une revalorisation de la plage «et non un deuxième port inutile», plus d’activités culturelles, des votations communales sur les grands enjeux, la neutralité carbone pour 2030, et critiquent les mesures «écologique en surface de la Ville à proximité des élections».

Hasard du calendrier, partait ce jeudi une invitation officielle à l’inauguration du premier tronçon de la route de contournement, emblème du bilan de la majorité PLR en place. La cérémonie doit prendre la forme d’un cortège multimodal, mettant en avant, notamment, la mobilité douce.

Publié: 23.09.2020, 18h07




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